On ne naît pas conducteur de cyclomoteur en France, on le devient. Et ce passage, loin d’être spontané, s’est construit au fil des réformes qui ont réajusté la barre : qui peut rouler, à quel âge, et à quel prix. Derrière la simple mention « BSR obligatoire », se cache une histoire de dates, d’exemptions et de subtilités administratives qui continuent de semer le doute chez de nombreux candidats à la liberté motorisée.Si la question de l’année charnière fait débat, c’est parce que la réglementation a longtemps jonglé avec les générations, modifiant les règles du jeu au gré des réformes. Impossible de s’y retrouver sans un œil attentif sur l’année de naissance et le type de permis détenu. Pour les uns, c’est une formalité. Pour les autres, un passage obligé, parfois vécu comme une contrainte de plus. Mais pour tous, une étape qui façonne la première expérience de conduite.
Le BSR et le permis AM : bien plus qu’un simple laissez-passer
Le Brevet de sécurité routière, ou BSR pour les initiés, a longtemps été la clef pour les jeunes de 14 ans qui rêvent d’enfourcher un cyclomoteur ou un quadricycle léger à moteur. Depuis 2013, le relais a été pris par le permis AM. Ce permis, premier échelon du permis de conduire, s’inscrit dans l’arsenal européen : il est valable partout dans l’Union européenne, à condition de respecter l’âge minimum fixé dans chaque pays.
Pour y voir clair, il suffit de regarder les véhicules concernés :
- les cyclomoteurs (dont le fameux scooter 50 cm3),
- les quadricycles légers à moteur : voiturettes, quads,
- et la circulation sur la voie publique, évidemment dans le respect de la législation.
Ce permis AM, à ne pas confondre avec le permis B, vise une cible bien précise : les plus jeunes qui s’initient à la conduite motorisée. L’objectif ? Leur donner les bases en sécurité routière, les confronter aux dangers spécifiques de la route, et leur ouvrir la voie de l’autonomie tout en imposant un cadre strict. Ce n’est pas un simple bout de papier, mais un sésame qui marque l’entrée dans l’univers de la mobilité responsable.
Les détenteurs d’un titre européen équivalent ont le droit de rouler en France, sous réserve d’avoir l’âge requis. Ceux qui possèdent déjà un permis B ou qui sont nés avant 1988 échappent à cette obligation. Pour les autres, pas de raccourci possible : l’assurance adaptée et le BSR ou permis AM sont incontournables pour prendre la route.
Depuis quelle année le BSR est-il exigé, et pour qui ?
Le BSR a officiellement vu le jour en 1997. Il s’adresse à celles et ceux qui souhaitent conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger à moteur, scooter 50 cm3, voiturette, quad. Mais depuis 2013, il s’intègre désormais dans la catégorie AM du permis de conduire.
La règle est nette : toute personne née à partir du 1er janvier 1988 doit présenter ce titre pour conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger sur la voie publique. L’accès est autorisé dès 14 ans. Si vous êtes né avant 1988, la contrainte ne vous concerne pas. Même dispense pour les titulaires du permis B ou d’un permis étranger reconnu.
Pour éviter les erreurs d’interprétation, voici un résumé clair des situations possibles :
- Obligation : Nés à partir du 1er janvier 1988, sans permis B ni titre équivalent
- Exemption : Nés avant 1988, détenteurs d’un permis B, d’un permis étranger ou européen équivalent
Depuis le 19 janvier 2013, le permis AM bénéficie d’une durée de validité de 15 ans. Cette mesure renforce l’encadrement de l’accès aux deux-roues motorisés pour les plus jeunes. Avant même de penser à la conduite, il faut décrocher l’attestation scolaire de sécurité routière (ASSR), ou l’ASR pour celles et ceux qui ne sont plus en milieu scolaire. La plupart passent l’ASSR au collège, mais une alternative existe pour les adultes qui souhaitent entamer la démarche plus tard.
Un message traverse toutes ces réformes : la prévention prime. Le BSR sert de première étape pour accompagner les jeunes vers une mobilité maîtrisée et responsable.
La formation BSR / permis AM : durée, étapes, coût et formalités
Pour décrocher le BSR ou le permis AM, il faut suivre une formation pratique d’au moins 8 heures, réparties sur deux journées dans une auto-école ou une moto-école agréée. Le programme ne se limite pas à l’apprentissage technique : perception de la route, exercices hors circulation, maîtrise du code de la route, mises en situation réelle et prévention des risques spécifiques à ces véhicules sont au menu. Les mineurs reçoivent leur attestation en présence de leur représentant légal, gage d’une transmission des responsabilités.
Dès l’inscription, une étape préalable est incontournable : être en possession de l’ASSR (niveau 1 ou 2) ou de l’ASR. Sans ce certificat, pas de formation possible. À l’issue des 8 heures, une attestation de suivi est remise : elle autorise la conduite pendant 4 mois, le temps que le permis AM officiel soit délivré.
L’équipement exigé ne laisse aucune place à l’improvisation : casque homologué, gants, blouson à manches longues, pantalon ou combinaison, chaussures montantes ou bottes. Tout est pensé pour la sécurité maximale, loin des improvisations légères.
Côté budget, il faut prévoir entre 150 et 450 euros selon l’établissement et la zone géographique. La demande de permis AM s’effectue ensuite en ligne sur le portail de l’ANTS, avec les justificatifs usuels (identité, domicile, photo-signature numérique). Les moins de 25 ans doivent également fournir les documents relatifs à la JDC. Pour finir, la question de l’assurance ne se discute pas : au minimum, une assurance cyclomoteur au tiers est exigée. Rouler sans permis expose à une sanction rapide et sans appel.
Le BSR trace une ligne claire : il autorise les jeunes à prendre leur place sur la route, mais jamais sans les armes de la vigilance et du bon sens. C’est la promesse d’un premier départ, encadré et réfléchi, qui fait toute la différence au moment du vrai premier virage.


