9 000 km/h. C’est la vitesse à laquelle la réglementation européenne peut faire voler en éclats les certitudes des jeunes motards. Derrière la mention “compatible A2”, le paysage se révèle bien plus sinueux qu’il n’y paraît.
La législation européenne laisse la porte ouverte à certains modèles, à condition qu’ils soient expressément adaptés pour le permis A2. D’autres, en revanche, restent fermés, même après intervention mécanique. Sur le papier, deux motos affichent la même cylindrée, pourtant l’une peut être homologuée A2, l’autre jamais. Ce n’est pas une simple histoire de bridage : croire qu’il suffit de réduire la puissance pour rouler légalement relève d’une méprise classique.
Les marques s’adaptent : elles lancent des séries spécifiques, parfois limitées, pensées pour répondre aux exigences fluctuantes du permis A2. Cette évolution constante des critères bouleverse le choix, que l’on s’oriente vers le neuf ou l’occasion.
Permis A2 : ce que signifie vraiment “compatible A2” pour choisir sa première moto
En matière de moto compatible A2, la réalité va bien au-delà d’une simple limitation de puissance. La réglementation fixe des règles précises : le rapport poids/puissance doit rester sous la barre des 0,2 kW/kg et la puissance maximale ne peut excéder 35 kW (47,5 chevaux). La notion de bride prend tout son sens ici. Seules les motos affichant moins de 70 kW à l’état d’origine peuvent être bridées pour le permis A2. Résultat : de nombreuses grosses cylindrées ou sportives, même ramenées à 35 kW, sont exclues sans appel.
Pour choisir sa première moto, la carte grise comporte une mention à contrôler : “A2” ou “Mtt1”. Les constructeurs, conscients de la demande, développent des modèles spécifiquement conçus pour les motards A2. Facilité de prise en main, agilité en ville, sobriété : ces machines misent sur la confiance et l’apprentissage. Un gabarit léger et un centre de gravité bas font souvent toute la différence lors des premiers tours de roue.
Le rapport poids/puissance n’est pas un détail ; il structure le choix. Roadsters mid-size, néo-rétro, trails compacts : autant d’options pertinentes pour débuter. Les versions “bridées puissance origine” préservent le caractère moteur, évitant la sensation d’un bloc trop étouffé. Pour rouler serein et en sécurité, mieux vaut opter pour un modèle équilibré, doté d’aides électroniques comme l’ABS, un contrôle de traction ou des modes de conduite adaptés.
Voici les vérifications à effectuer pour partir sur une base solide :
- Vérifiez toujours l’attestation de bridage émanant du constructeur ou de l’importateur
- Privilégiez un modèle reconnu pour sa fiabilité et pour la facilité à trouver des pièces détachées
Quels modèles sont accessibles ? Panorama des motos éligibles au permis A2
Impossible de passer à côté des roadsters, stars du segment compatible A2. Yamaha s’impose avec la MT-07, aussi à l’aise en ville qu’en balade. Honda propose la CB500F, plébiscitée pour sa fiabilité et sa prise en main immédiate. BMW aligne la F 900 R, qui séduit par sa polyvalence et son ergonomie pensée pour le quotidien.
Les adeptes de voyage trouveront leur bonheur parmi les trails : Suzuki sort la V-Strom 650 adaptée au permis A2, un choix naturel pour ceux qui recherchent confort et autonomie. KTM propose la Duke 390 et l’Adventure 390, deux motos vives et accessibles, idéales pour goûter aux sensations du bicylindre ou du monocylindre. À noter, selon l’année, l’Adventure 790 peut aussi recevoir un bridage A2.
La vague néo-rétro séduit toujours autant. Triumph Street Twin, Moto Guzzi V7 Stone, Ducati Scrambler 800 : ces modèles allient style, authenticité et respect des règles du permis A2. Leur agilité et leur caractère mécanique en font des choix prisés des jeunes permis.
Pour mieux situer les options disponibles, voici quelques références à considérer :
- Roadster : Yamaha MT-07, Honda CB500F, BMW F 900 R
- Trail : Suzuki V-Strom 650 A2, KTM Adventure 390
- Néo-rétro : Triumph Street Twin, Moto Guzzi V7 Stone, Ducati Scrambler 800
Gardez un œil sur le ratio poids/puissance et sur la disponibilité des versions bridées puissance origine. La majorité des constructeurs proposent des motos conçues et homologuées pour ce créneau, testées pour répondre à la réglementation A2.
Bridage, puissance, conformité : comment s’y retrouver sans se tromper
Avec le bridage et la puissance, la rigueur s’impose. Pour qu’une moto soit vraiment compatible A2, elle doit cocher toutes les cases : 47,5 chevaux au maximum (35 kW) et un rapport poids/puissance plafonné à 0,2 kW/kg. Les constructeurs ne s’y trompent pas : ils déclinent la plupart de leurs modèles en versions bridées puissance origine ou en adaptations spécifiques, dûment homologuées.
Attention : le bridage ne se réduit pas à un simple bridage mécanique. La moto doit exister, à la base, en version standard de moins de 95 chevaux pour prétendre à l’homologation A2. Au-delà, même si la bride existe techniquement, la loi ne l’autorise pas. La réversibilité du bridage, dans le respect de la procédure légale, reste aussi incontournable.
Le choix du moteur compte. Un bicylindre offrira une courbe de couple douce et rassurante, idéale pour progresser. Le monocylindre, plus vif, plaît à ceux qui cherchent une conduite nerveuse et directe. Transmission, freinage, aides électroniques : chaque détail pèse dans la balance à l’usage quotidien.
Pour bien s’orienter, retenez ces points de contrôle :
- Moto bridée puissance origine : bridage officiel, certificat constructeur requis.
- Rapport poids/puissance : consultez la fiche technique, chaque kilo a son importance.
- Homologation : le certificat de conformité est indispensable pour circuler sereinement.
Ces vérifications évitent bien des déconvenues lors de l’achat de sa première moto pour le permis A2.
Les pièges à éviter et conseils pratiques pour un premier achat réussi
Dénicher une première moto compatible A2 peut vite tourner au casse-tête. Les versions se multiplient, mais sur le marché de l’occasion, tous les modèles ne se valent pas. Premier réflexe : exiger le certificat de conformité et la mention “moto bridée puissance origine” sur la carte grise. Sans ces documents, la moindre revente ou un contrôle technique risquent de vite se compliquer.
Côté budget, la tentation du premier prix est grande. Pourtant, mieux vaut inspecter l’état des consommables : pneus, kit chaîne, plaquettes. Une moto abordable à l’achat ne doit pas cacher des frais de remise en état dès les premiers mois. Le rapport poids/puissance doit aussi correspondre à votre gabarit et à votre usage : ville, trajets quotidiens, ou balades plus sportives.
L’inspection ne s’arrête pas là : un contrôle à la lumière du jour, la vérification du fonctionnement de l’embrayage, la souplesse du moteur (bicylindre pour la douceur, monocylindre pour la réactivité) permettent d’éviter de mauvaises surprises. Les forums spécialisés regorgent d’avis et de retours d’expérience : ne négligez pas cette ressource précieuse pour identifier les modèles qui font vraiment l’unanimité parmi les débutants.
Pensez à ces conseils pratiques pour un achat réussi :
- Certificat de bridage : ne partez jamais sans l’original.
- Assurance : comparez les offres, certaines compagnies sont plus avantageuses pour les jeunes conducteurs.
- Équipement : casque homologué, blouson adapté, gants : la sécurité avant tout.
Un dernier mot : gare aux accessoires modifiés. Un échappement bruyant ou des clignotants non conformes peuvent gêner lors des contrôles. Privilégiez une moto facile à prendre en main, avec des pièces de rechange faciles à trouver. Pour vos premiers kilomètres en liberté, misez sur la sérénité et la simplicité. Voilà le vrai luxe de la première moto, celle qui donne envie de rouler encore, et encore.


